Check list avant démarrage effectuée, magnétos sur both, personne devant, démarrage ! Teuf teuf teuf... C'est tout ?!! Allez, nouvelle tentative, teuf teuf teuf encore, l'Hotel Delta n'a pas l'air décidé à partir. Bon, c'est le matin, j'ai souvenir que cet avion est pas évident à démarrer à froid et j'ai pas envie de vider la batterie. J'intercepte un instructeur, qui après deux tentatives réussit à démarrer cet avion capricieux. Me voila parti pour l'essence. Avitaillement, et c'est reparti, cette fois ci, je démarre Hotel Delta sans problème. C'est juste que cet avion ne doit pas être du matin.

Rouen, me voila, cette portion de nav, je l'ai déjà faite, pas trop dure et parfaite pour se remettre en jambe avant le Rouen-Deauville qui sera la grande découverte du jour. J'atterris à Rouen sans problème, me fais gentiment guidé par le contrôleur jusqu'à un parking désert où je m'arrête. L'aérodrome ressemble à un no man's land. J'entre faire tamponner mon carnet et il n'y a personne au bureau. Entendant une radio lointaine, je lance un hasardeux "Excusez Moi...". Et l'homme au tampon apparaît. "ROUEN HANDLING" sur mon carnet de vol ça me fera un beau souvenir, c'est sur.

Je retourne à l'avion, et c'est parti pour Deauville. Roulage, Alignement, décollage, 1000ft dans l'axe puis je vire à gauche, première estimée 7 minutes ce qui donne sur la montre... Et Merde, j'ai oublié le top décollage. Ca commence bien. L'estimée va être plutôt approximative, bien regarder les repaires au sol pour compenser. Après quelques hésitations, je le tiens, mon autoroute vers Deauville. Ensuite, tout s'enchaîne sans problème, la visi n'est pas excellente et la "vue sur la mer" pas aussi jolie que je l'aurais souhaité. Mais c'est pas le moment de faire le difficile. Un atterrissage plus tard, je débarque sur le parking en herbe qui est bondé. Le contrôleur m'invite à me débrouiller pour me parker comme un grand. Pour moi, c'est une première, j'ai l'impression d'être en train de chercher une place sur le parking de mon supermarché favoris la veille de Noël. Voila une place qui me plaît bien, je m'avance puis m'arrête, hésitant. Très hésitant. Non, plus hésitant du tout, c'est sur, ça ne passera pas, les deux avions à droite et à gauche sont trop rapprochés l'un de l'autre. Heureusement pour moi, l'Hotel Delta est un avion à aile haute, et les deux avions parkés sont à ailes basses, ça passe donc ... par dessus, et je m'en vais trouver une vraie place. Sur ce coup, j'ai eu de la chance, sinon, j'étais bon pour reculer l'avion à la main... Une minute plus tard, me voila arrêté, moteur coupé, ouf, je suis arrivé.

Bonjour Deauville, où se côtoient J3 et petits Jets. Un autre tampon, un autre souvenir (et une autre taxe...). Petite pause, faut profiter de l'instant présent. Puis retour à l'avion, ultime briefing pour la navigation retour, démarrage... enfin, normalement. Teuf teuf teuf, l'imbécile, il recommence. Pas maintenant Hotel Delta !! Quelques tentatives plus tard, j'ai deux solutions : essayer encore au risque de vider la batterie, ou appeler l'aéroclub pour conseil. J'opte pour la deuxième solution, et obtiens mon instructeur au téléphone. La, ça devient comique, j'essaie instruction après instruction toutes les combinaisons possibles qui me sont données par téléphone : plein pauvre, plein riche, avec plus ou moins de gaz etc... avec comme hantise principale de tomber à cour de batterie. On décide de laisser l'avion reposer 20 minutes. Pendant ce temps, je parle avec Hotel Delta, je lui explique que la mer c'est bien, certes, mais qu'il faut penser à rentrer. Je lui rappelle que tous ses amis l'attente à Pontoise, je le caresse, lui parle gentiment et lui fait même un bisou sur le capot moteur (beurk !). Un peu plus tard, on réessaie donc, mais cette fois ci, j'ai un deuxième instructeurs au bout du fil, qui a également rencontré des problèmes de démarrage avec cet avion la veille. J'apprendrai plus tard que le téléphone est en mode main libre et que plusieurs personnes suivent en fait avec suspens mes tentatives en direct. Une des méthodes a presque fonctionné, mais presque n'est pas assez, c'est certain, il me manque le coup de main. On passe au plan B, l'instructeur va venir à Deauville en C172 avec deux élèves. S'il arrive à démarrer l'avion, je suis sauvé, sinon, je rentre en passager avec eux. Ce serait vraiment rageant de devoir avorter cette nav si bien engagée.

En attendant, un autre élève de mon aéroclub arrive à Deauville pour sa grande nav solo également. Je l'accueille à sa sortie d'avion et on discute un peu. J'aurais pu lui proposer innocemment d'échanger nos avions mais ma conscience m'a bizarrement interdit de le faire... Il repart un peu plus tard, grosso modo au moment où le C172 de l'aéroclub arrive. Au bout de deux tentatives, l'instructeur démarre l'avion, c'est sûrement pour ça qu'il est instructeur. Ou alors, c'est Hotel Delta qui fait des caprices, peut-être a-t-il déjà été maltraité par un élève, qui sait ?... En tous cas, ma nav est sauvée ! Je me reconcentre un coup, et c'est parti pour le retour. On se suit finalement à peu de chose, le C150 de l'autre élève en nav solo, mon C152 tétu et le C172 de l'instructeur. Le retour, c'est que du plaisir, une fois en l'air l'Hotel Delta est beaucoup plus sympathique qu'au sol.

Une intégration et un atterrissage plus tard, me voici de retour à Pontoise. Je coupe le moteur, rattache l'avion, contrôle le carburant restant par curiosité, puis m'éloigne d'Hotel Detla sans dire un mot. Je m'arrête, et lui lance un "merci quand même Hotel Delta". C'est vrai après tout, il est têtu comme un âne mais c'est sûrement pas un mauvais bougre.

Soeren, pas (trop) rancunier