Ce n'est pas un cauchemar. Ca pourrait être un rêve. Mais c'est bien réel.

Tout a commencé quelques semaines auparavant, quand un collègue cherchait à constituer un groupe intéressé pour s'initier au parachutisme. Il démarchait les personnes une à une en passant dans les bureaux. Je ne savais pas trop quoi en penser, je m'étais toujours dis que c'est quelque chose qu'il faudrait que j'essaie à l'occasion mais la peur de l'inconnu me faisait hésiter. Arrivé à mon bureau, il me simplifia les choses puisqu'il ne me posa pas de question : "Soeren, toi, tu viens, comme tu pilotes ça pourra toujours te servir" (sic). Et voila, j'avais signé.

Alors, il y a deux semaines, on a débarqué sur l'aérodrome de Pujaut pour un stage PAC (Progression Accompagnée à la Chute). Ben oui, tant qu'à vouloir découvrir le parachutisme, autant y aller franchement. La PAC, c'est une formation théorique d'une bonne demi-journée, suivie de six sauts encadrés par des moniteurs. Dès le premier saut, cela a été magique. Pendant la montée, dans l'avion, on a peur. Peur du vide. Mais le secret, c'est que le vide n'existe pas. Notre terrain de jeu est un immense matelas d'air. Apprendre à jouer dans la troisième dimension, tel est l'objet des différents sauts. A chaque fois, une sortie d'avion dans une position différente et, ensuite, on apprivoise les loops avant ou arrière, les tonneaux, les passages dos et les rotations à plat pendant les 50 secondes de chute. Tout est aérodynamique, un bras un peu plus en avant que l'autre et c'est l'autorotation assurée. Arrivé à 1500m, il faut ouvrir, on tire l'extracteur et on attend, le parachute se déploie progressivement, on ralentit et tout s'arrête. D'un coup, le calme complet, finis les 180km/h de vent relatif, on est suspendu dans les airs, les pieds dans le vide à 4000ft, tout simplement. On se balade un peu en descendant doucement, suivant les instructions données par radio durant les premiers sauts. On entre dans le circuit à 300m, vent arrière, finale et on pose face au vent. Une fois la voile dégonflée, on réalise, quel bonheur. Moi qui pensais faire ce stage et en rester là, j'ai été mordu, et après la fin de la PAC j'ai enchaîné 9 sauts en solo pour décrocher mon brevet A.

Je pense m'être approché de la signification réelle du terme "espace aérien". Voler c'est magnifique, avec ou sans avion, c'est juste une question de finesse...

Soeren, pilote privé qui saute des avions