Petit à petit, nous approchons, l'avion descend à un rythme régulier.
Je distingue de mieux en mieux cette large étendue, paysage de rêve.
On est déjà en finale, et je commence à m'étonner de l'attitude de l'appareil.
Il ne me semble pas qu'on ait ralenti, et les becs et volets sont toujours sagement rentrés.
Pourtant, on approche. Que se passe-t-il devant ?!
Je garde le nez collé au hublot avec étonnement, on ne doit plus être qu'à mille pieds tout au plus.
Une arrivée rapide ? Il y a peut-être simplement du trafic qui se presse derrière nous.
On descend, toujours en lisse. Peut-être une panne de volets ? Et la vitesse, une fausse impression ?
J'essaie de me rassurer... Difficile, surtout qu'on est maintenant très près, et je n'ai pas entendu les trains sortir.
Pourtant, impossible de louper un atterrissage sur une surface si plane, si large, si longue, si paisible. Le temps est au beau fixe et le vent parait sage.
Cinquante pieds, trop tard pour le train, cette fois ci, il n'y a plus qu'à tenter un atterrissage sur le ventre, après tout, cela peut réussir.
Mais comme le reste, l'arrondi se fait attendre, on continue à descendre comme si la piste était encore loin.
On va se louper, désormais, c'est sûr !
Impact ! On passe au travers. Vu son poids, l'avion perfore littéralement la surface, pas un bruit, mais on ne voit plus rien par le hublot.
Période de trouble, puis, quelques dizaines de secondes plus tard (une éternité), on sort de la couche, ci-dessous, l'Islande se dessine.
Je suis très déçu, les nuages présentaient une surface si plane aujourd'hui qu'il était forcément possible de s'y poser.
Les pilotes n'ont rient essayé, ils nous ont fait loupé une bien belle occasion !
Je leur en veux, le pire, c'est qu'ils ne se sont peut-être même rendu compte de rien...
Encore une fois, on sera contraint d'atterrir sur terre.

Soeren