Une seconde de pause
Par Soeren le lundi 7 avril 2008, 17:30 - Aviation pro - Lien permanent
L'avion est en palier, 2000ft, j'annonce "sécurité" parcours l'horizon du regard et incline pour un virage à 45°. Circuit visuel, l'altimètre ne bouge pas, le virage est régulier, l'instructeur à coté va être content, et moi aussi.
STOP, à ce moment précis, pendant une seconde, j'arrête le temps. L'avion reste immobile dans l'air, plus rien de bouge et seul, je contemple. Ci-dessous, le Nord Pas de Calais, plutôt joli vu d'en haut, surtout sous ce soleil trop rare. Les étendues de neige que l'on voit un peu plus au Sud rappellent les intempéries d'hier.
C'est ma septième heure de vol en tant que stagiaire cadet pour Air France, et malgré mes
140h en aéroclub, je recommence mon apprentissage. Cela ne fait pas de mal, les méthodes
et la rigueur exigée sont enrichissantes. Je découvre le DA40 TDI, machine que je
trouve plaisante même si elle est souvent décriée. La mono manette s'avère très
pratique à l'usage, l'instrumentation est moderne et j'aime ses grandes plumes de
12 mètres d'envergure. Cependant, on sait que la finalité est autre, sur des
machines de plus en plus lourdes.
Bizarrement, je ne suis toujours pas habitué à mon nouveau statut. Il y a quelques semaines
encore, voler était le loisir de certains week-end trop rares. Maintenant, c'est
une occupation à temps plein, il est encore trop tôt pour parler de "travail".
D'ailleurs, en préparant ma sacoche de vol le premier jour, outre mon casque, ma
montre et mes lunettes de soleil, j'étais parti pour emmener mon chéquier...
Le plaisir du vol est cependant très différent, la pression est là, nous avons
des objectifs à atteindre et chaque séance est notée. Cette phase de
"maniabilité élémentaire" comprend 18h de vol, à l'issu desquelles la compagnie
décide, ou pas, de nous faire continuer la formation. On se concentre donc, et
on évite de trop regarder le paysage, cette seconde de rêverie doit déjà cesser.
Alors, c'est reparti, le temps reprend son cours, l'action redémarre, l'avion poursuit son virage, et la vie avec.
Soeren
Commentaires
Très sympa ce petit récit... J'aime beaucoup cette anecdote du chéquier !