STOP, à ce moment précis, pendant une seconde, j'arrête le temps. L'avion reste immobile dans l'air, plus rien de bouge et seul, je contemple. Ci-dessous, le Nord Pas de Calais, plutôt joli vu d'en haut, surtout sous ce soleil trop rare. Les étendues de neige que l'on voit un peu plus au Sud rappellent les intempéries d'hier.

C'est ma septième heure de vol en tant que stagiaire cadet pour Air France, et malgré mes 140h en aéroclub, je recommence mon apprentissage. Cela ne fait pas de mal, les méthodes et la rigueur exigée sont enrichissantes. Je découvre le DA40 TDI, machine que je trouve plaisante même si elle est souvent décriée. La mono manette s'avère très pratique à l'usage, l'instrumentation est moderne et j'aime ses grandes plumes de 12 mètres d'envergure. Cependant, on sait que la finalité est autre, sur des machines de plus en plus lourdes. Bizarrement, je ne suis toujours pas habitué à mon nouveau statut. Il y a quelques semaines encore, voler était le loisir de certains week-end trop rares. Maintenant, c'est une occupation à temps plein, il est encore trop tôt pour parler de "travail". D'ailleurs, en préparant ma sacoche de vol le premier jour, outre mon casque, ma montre et mes lunettes de soleil, j'étais parti pour emmener mon chéquier...
Le plaisir du vol est cependant très différent, la pression est là, nous avons des objectifs à atteindre et chaque séance est notée. Cette phase de "maniabilité élémentaire" comprend 18h de vol, à l'issu desquelles la compagnie décide, ou pas, de nous faire continuer la formation. On se concentre donc, et on évite de trop regarder le paysage, cette seconde de rêverie doit déjà cesser.

Alors, c'est reparti, le temps reprend son cours, l'action redémarre, l'avion poursuit son virage, et la vie avec.

Soeren