Partir voler
Par Soeren le samedi 10 janvier 2009, 06:00 - Aviation légère - Lien permanent
Samedi matin, 6h, je sors de chez moi pas complètement réveillé. Il fait -10°C et l'air frais me saute au visage. La voiture fait grise mine, complètement couverte de glace. Seul le pare brise, savamment protégé par un morceau de carton, est indemne. Je tache de gratter les vitres, histoire de voir un minimum, mais la glace est tenace, il me faudra dix minutes pour creuser quelques "hublots" ici ou la. Deuxième épreuve : le démarrage. Le programme de la matinée peut se jouer à ce moment cruciale. Difficile de rejoindre l'aérodrome, situé à 15km d'ici, sans voiture. Je tourne la clé, la batterie me fait comprendre qu'elle a froid, le moteur s'élance lourdement et j'ai plutôt l'impression de démarrer un TB20. Mais ça part ! Victoire.
Au bout de vingt minute de conduite prudente, je récupère mon binôme et nous voici enfin arrivés à l'école. Problème : la porte est fermée ! C'est la première fois que cela nous arrive, Normalement, le gardien ouvre tôt le matin mais il y a vraisemblablement eu un loupé. On a prévu de briefer à 8h avec l'instructeur, mais coincés dehors il va être difficile de préparer le vol. Evidemment, la température continue à descendre, sinon ce n'est pas drôle.
Impossible de joindre notre instructeur pour le moment, qui détient surement le sésame permettant d'ouvrir la porte. Nous voici donc, avec deux autres stagiaires dans le même cas que nous, réfugiés dans la voiture gelée à attendre... A quatre dans une 306, la buée se forme rapidement sur les vitres, buée qui se transforme très vite en glace. Une grosse demi-heure plus tard, le coup de téléphone libérateur arrive, nous obtenons le code d'entrée et savourons la chaleur des locaux ! Préparation rapide du vol, briefing, et nous voila parti à l'avion.
Si simple ? Non. L'avion qui nous est attribué est HS, l'idée est d'en trouver un autre et rapidement sans quoi il va falloir retarder les plans de vol. Après quelques hésitations, me voici installé à bord d'un avion de remplacement, sans pilote automatique mais on ne va pas faire les difficiles. La dernière épreuve, c'est de réussir à démarrer l'avion qui n'aime pas plus le froid que nous. Il fait maintenant -12°C. L'instructeur donne un coup de main, et le moteur part au deuxième essai, cette fois ci, on est parti !
A moi maintenant de me remettre dans la boucle, car cela fait trois semaines que l'on a pas volé. Prise d'ATIS, demande de mise en route, roulage, clairance IFR, autorisation décollage est me voila enfin les trois manettes en avant. Le TB20 dévore la piste, direction : Charleroi. Ce vol ne nous réussit pas car on l'a déjà annulé un bon nombre de fois pour raisons diverses, météo notamment. Aujourd'hui le temps est brumeux mais confortable pour de l'IFR, le sol est complètement blanc et on ne reconnait rien. Quel plaisir de regagner les airs ! On obtiens rapidement une route directe vers Charleroi, ce qui nous fait gagner un peu de temps et nous arrivons au dessus du terrain avec 30 minutes d'attente disponibles. Cela tombe bien, car nous devons effectuer trois tours dans l'hippodrome afin de laisser poser deux Ryanair, ce qui nous coutera 25 minutes.
Nous commençons enfin l'approche. Le Glide arrive tardivement par rapport à la distance DME indiquée sur la carte Jeppesen.
Lors de la finale, au passage de la balise, je vérifie l'altimètre et remarque qu'il surévalue l'altitude de 100ft. J'aurai du m'y attendre puisque nous sommes en ISA-27°C ! Un touché moyennement réussi (perdu l'habitude) devant deux Ryanair qui attendent au point d'arrêt est nous voici reparti pour Albert. La clairance départ est amendée, nous somme priés de tourner à droite après décollage, histoire de libérer l'axe pour permettre aux deux Ryanair de décoller.
C'est alors reparti pour un tour, une fois arrivé au FL050, notre niveau de croisière pour ce tronçon, je stabilise l'avion, confie les commandes à l'instructeur qui joue le rôle du pilote automatique, puis me lance à nouveau dans le calcul de mes estimées : évaluation du vent réel, heure estimée d'arrivée, consommation estimée à l'arrivée et détermination de l'attente disponible à destination. Ensuite vient la stratégie d'arrivée : détermination du point de descente et de l'heure de descente. Il est alors temps de se renseigner sur la météo. Nous n'avons pas d'information sur la destination car il n'y a pas de contrôle à Albert le week-end, mais la météo est correcte à Lille que j'ai retenu comme dégagement. Je prépare alors l'arrivée sur Albert : sélection de la fiche Jeppesen, indexes altimètre, moyens radio puis briefing. Il ne manque plus que les actions avant descente et la check-list correspondante, nous sommes alors prêt. Lille nous demande d'anticiper la descente afin de nous espacer d'un autre trafic et nous finirons par atterrir à Albert, sur une piste où il reste quelques traces de neige. Mon binôme prend les commandes pour le vol suivant, qui nous amènera à Dieppe puis Merville.
Je m'installe derrière, c'est à mon tour de profiter du paysage, mon premier vol de l'année 2009 est terminé.
Soeren